La calma Romana

11/04/2021

Après un week-end de Pâques célébré en petit comité sous la couleur rouge des restrictions sanitaires, le retour à une zone orange ravit les Romains et expatriés de la capitale italienne, qui se languissent à leur manière des balades printanières et des cappuccinos da asporto (à emporter) de nouveau autorisés en ce mois d'avril.

L’amour au pied du Colisée.
L’amour au pied du Colisée.

Et si le printemps a un effet plutôt bucolique sur la ville, c'est un malheureux retour à la grisaille et aux nuages qui se fait sentir au sein de Rome. Pourtant, cela ne constitue pas nécessairement un obstacle aux promenades piétonnes et aux découvertes historiques des églises, des basiliques et autres vestiges antiques. Et c'est même dans une Rome désertée de ses touristes habituels que l'on y entrevoit une certaine authenticité, une aura originelle et une ambiance qui ne se veut pas cosmopolite. A l'intérieur des monuments, des bâtiments religieux ou encore à la devanture des cafés, on y aperçoit principalement une population romaine et ses expatriés qui se réunissent à la sortie du travail ou lors de rassemblements familiaux. Il y a là une certaine spécialité à une Cité Éternelle en temps normal si bouillonnante et internationale, qui, en cette année pour le moins inédite, redevient un havre de paix d'un calme spectaculaire.

A l'aube du « mois-nniversaire » de mon arrivée du 15 mars, certaines habitudes s'assemblent et se composent en une routine, qui se veut synonyme de sérénité autant que de tranquillité. Rome se voit être une oasis particulière, de détachement mêlé à un épanouissement sans égal : aux feux tricolores, les piétons attendent leur tour patiemment, sans que la panique modifie les traits de leurs visages. Sous les arrêts de bus, pas d'horaires d'arrivée indiquées : c'est au petit bonheur la chance, et peu importe si votre bus arrive dans 3 ou 17 minutes, vous n'en saurez rien. Rome apprend à patienter, à attendre, à prendre le temps. Peut-être est-ce là tout le principe de cette notion tant connue qu'est celle de la Dolce Vita : prendre le temps de voir le temps filer.

La station de Cavour sous le soleil.
La station de Cavour sous le soleil.

Si l'on revient sur les habitudes qui se mettent en place au fil des jours et des semaines, l'on verra émerger certains clins d'œil à l'Italie : le "rendez-vous pizza" du vendredi soir, les tramezzini à emporter lorsque l'on manque de temps pour déjeuner, ou encore l'émission de télé italienne qui fait office de bruit de fond dans le domicile. Un aller-retour à la Libreria Stendhal, qui est la librairie française et donc une incontournable dans le paysage francophone à Rome, et c'est parti pour une séance de temps libre à la Villa Torlonia. Quoi que l'on fasse, les journées sont rythmées par cette douceur de vivre qui façonne Rome et qui fait d'elle une ville au bercement contrôlé et à l'équilibre imperturbable.

C'est avec l'espoir d'un retour à une zone jaune tant attendue le 19 avril que cette semaine s'achève dans l'incertitude de la suite, mais dans le calme et la douceur que connaissent bien les Romains. Alla prossima settimana, ciao a tutti !

Texte et photographies par Nina Malleret