Et l’homme dessina les premières cartes...

16/01/2020

Organisée par les Archives départementales de Maine-et-Loire, « Cartes d'Anjou » est une exposition qui présente à travers une trentaine de plans du territoire et du département l'évolution de la cartographie au fil des siècles. Avec une question en filigrane à propos de cet avènement majeur : comment se représenter l'environnement qui nous entoure et se situer sans une carte ?

Les Archives départementales ont dessiné une boussole au sol afin d'orienter les visiteurs au sein de l'exposition.
Les Archives départementales ont dessiné une boussole au sol afin d'orienter les visiteurs au sein de l'exposition.

Qu'y a-t-il de plus anodin que de consulter une carte afin de préparer un itinéraire, situer des régions, des frontières, ou trouver une destination ? Rien de plus facile que de s'en procurer une chez un éditeur, dans un office de tourisme, dans une publication ou sur internet afin de trouver sa réponse. Et on ne parle pas des GPS de voitures et autres portables dotés d'instruments de navigation diaboliques. Pour autant, on ignore vraisemblablement la somme de travail, de progrès, d'études et de calcul qu'a pu représenter l'élaboration de la cartographie des territoires telle qu'on la connaît aujourd'hui.

Alors, à la question « qu'est-ce qu'une carte ? », l'exposition répond que l'homme a toujours ressenti la nécessité de se situer dans l'espace qui l'entoure, céleste ou terrestre, et qu'il a répliqué en créant la représentation cartographique. La première esquisse serait mésopotamienne et aurait été découverte aux environs de Babylone 2500 ans avant J.C. Ce sont les Grecs qui sont à l'origine de son avènement en imaginant la probabilité d'une rotondité de la terre avant qu'Aristote ne la confirme quelques siècles plus tard. Il en voudra pour preuve « la manière dont les navires disparaissent à l'horizon ».

Plus tard, l'empire romain trouvera un intérêt stratégique et pratique à la cartographie, en laissant ses topographes dessiner des guides à l'usage des troupes et des administrateurs impériaux. Le Moyen Âge, quant à lui, attribuera à la carte une conception plus philosophique et religieuse que réelle, avant que les Arabes fassent revivre la tradition soutenue en leur temps par les Grecs. L'essor de la cartographie, avec la représentation des côtes et des littoraux, ouvrira donc la route du commerce maritime et des expéditions. À la fois outils de pensée, de localisation et de connaissances, les cartes sont utilisées comme des instruments de pouvoir car le déplacement dans l'espace permet à l'homme de mieux l'appréhender afin de mieux se l'approprier. 

La première carte connue de la province de l'Anjou a été signée par un érudit angevin Lézin Guyet en 1573 et fait l'objet d'une rarissime présentation pendant le temps de l'exposition. Plus tard, sous la Révolution, ses frontières telles que les avaient imaginées les géographes depuis le XVIe siècle seront modifiées et prendront leurs contours actuels à la création du département du Maine-et-Loire.

Mais la carte, c'était aussi et surtout parvenir à transcrire « tout ou partie de l'espace » sur la papier en s'appuyant sur des principes de base comme la projection, la miniaturisation, la transcription, la généralisation. Ce qui fut rendu possible par des techniques successives à savoir la cosmographie, la triangulation, la présentation cylindrique que portèrent au fil des siècles d'illustres visionnaires tels Ptolémée, Peutinger, Mercator, Ortellius, Cassini pour citer les plus célèbres.

« Cartes d'Anjou ». Exposition proposée par les Archives départementales, 106, rue de Frémur, 49000 Angers. Jusqu'au 27 mars 2020.