Dans les rues, un déconfinement frileux, à peine heureux

11/05/2020

En ce premier jour de liberté retrouvée, après cinquante-cinq jours d'un confinement imposé par un machiavélique virus venu du bout du monde, Angers a fait un prudent retour à la vie. Timidement, tout doucement. Sans doute à cause d'une météo un peu chafouine qui entendait bien prouver que tout ne serait plus comme avant.

Philomène, Anouk, Elsa : même masquée, la jeunesse investit tout doucement la ville libérée.
Philomène, Anouk, Elsa : même masquée, la jeunesse investit tout doucement la ville libérée.

Il est 15 heures à Angers et la circulation de la rue Paul-Bert reste plutôt fluide, comme un lundi habituel, tout juste ralentie par les feux tricolores du carrefour Rameau. Comme d'habitude sur le boulevard du Roi-René, les places de stationnement se comptent sur les doigts de la main en raison notamment des artisans qui ont pris possession des parkings. Au pied du château comme sur ses hauteurs, en ce haut lieu du tourisme, on ne trouve évidemment aucun voyageur, d'autant qu'un vent frais balaye la place Kennedy.

Direction le centre-ville via une rue Toussaint étrangement désertée alors que l'activité s'y révèle généralement dense et curieuse avec la présence de l'office de tourisme, de la médiathèque, du musée, des boutiques d'antiquaires. Même ambiance morne place Sainte-Croix et rue Chaperonnière où la fréquentation des commerces se révèle assez timide, excepté chez le marchand de chaussures pour enfants, Macadam Kids. Un peu comme si les pieds des chérubins avaient poussé au même rythme que les cheveux des reclus du Covid.

Filtrer l'entrée des consommateurs semble devenir une règle bien acceptée.
Filtrer l'entrée des consommateurs semble devenir une règle bien acceptée.

Épicentre de la cité, la place du Ralliement affiche une tristesse aussi plombée que le ciel, même si les piétons s'y font un peu plus nombreux qu'ailleurs. Ici, à l'ordinaire, les promeneurs s'y pressent et font battre le cœur de la ville. C'est moins le cas aujourd'hui. Chacun en devine la raison. Faute d'autorisation d'ouverture, les cafés sont désespérément fermés et ôtent le charme habituellement offert par la joyeuse animation des terrasses. De surcroît, la façade du bar Le Théâtre se trouve dissimulée par une immense bâche en raison des travaux entrepris. Ce qui gâche le paysage !

Gestes barrières et distanciation sociale obligent, certains magasins ont judicieusement établi des règles de comportement à l'usage de leur clientèle en annonçant la couleur à l'entrée de leurs établissements. Ainsi, les Galeries Lafayette exigent le port du masque dans leur magasin tout en mettant à disposition du gel hydo-alcoolique ; même initiative pour le magasin de linge de maison et de tissus, Bouchara, qui régule le flux de circulation et encourage l'usage du masque. Donc, priorité à la prudence !

Au final, et au sortir d'une période de sidération et d'incompréhension, la méfiance générale semble ternir provisoirement l'ambiance. Ainsi va la nouvelle vie de l'Angevin  « déconfiné ». Pour combien de temps ?

Aux Galeries Lafayette, on rassure le client par des mesures préventives de distanciation.
Aux Galeries Lafayette, on rassure le client par des mesures préventives de distanciation.