Coudert, l’artiste-peintre qui revisite les parkings

23/05/2019

Impressionnant ! Sur le mur fraîchement enduit qui n'en finit pas avec ses cinquante mètres de long, il a trouvé un terrain d'expression à sa démesure. Dans sa tenue blanche, casquette et blouse, Claude Coudert s'installe chaque jour sur le tout nouveau parking de la rue Paul-Bert à Angers afin d'y réaliser une gigantesque fresque du plus bel effet.

Cinquante mètres de long pour 1,88 m de haut : une belle surface pour s'exprimer.
Cinquante mètres de long pour 1,88 m de haut : une belle surface pour s'exprimer.

Tout le monde s'y est laissé prendre. À emprunter cette rue du centre-ville à la circulation très dense, chacun pouvait apercevoir cet homme lancé à l'assaut de ce mur immaculé avec ses pinceaux et ses pots de peinture. Et penser à un éventuel tagueur ou autre street artiste en mal d'expression et de provocation. Avant de s'interroger en revoyant la scène se répéter au quotidien sans qu'elle suscite l'intervention d'une quelconque autorité. Un peu trop visible cette impunité pour être réellement prohibée !

En réalité, l'homme qui sévit au vu et au de tous honore une commande de la Ville d'Angers pour la réalisation d'une fresque murale destinée à habiller le mur devant lequel s'adosse ce parking automobile. Cette commande passée entre les deux parties s'inscrit dans le cadre du « Budget participatif », cette enveloppe d'un million d'euros qui finance des projets d'embellissement, d'amélioration du cadre de vie, de revitalisation, de proposition culturelle. De fait, la future réalisation constitue l'application tangible de ce projet municipal.

Cette exposition publique vaut à l'artiste d'être fréquemment interpellé.
Cette exposition publique vaut à l'artiste d'être fréquemment interpellé.

Et c'est l'artiste lui-même qui en est à l'origine. En tant que riverain du quartier et à la vue de ce long mur vierge et terne, il avait déposé en mairie une proposition artistique au moment-même où les donneurs d'ordre s'apprêtaient à organiser un appel d'offres. Et comme l'esquisse correspondait concrètement aux souhaits émis, l'affaire fut entendue. Depuis le début du mois de mai, l'imposante œuvre prend tranquillement forme sous les yeux des passants et devrait s'achever le 26 juin, date prévue pour la livraison finale.

L'artiste apprécie d'autant plus l'expérience qu'elle lui vaut des réactions spontanées de la part du grand public.

Parallèlement à sa carrière de graphiste professionnel, l'ancien élève formé dans une école parisienne en Arts graphiques et appliqués alterne entre expositions, vernissages et cours qu'il prodigue habituellement auprès des étudiants. Dans un style résolument graphique et géométrique dans lequel certains pourraient deviner des influences contemporaines et abstraites (à découvrir sur son site internet), Claude Coudert apprécie d'autant plus l'expérience qu'elle lui vaut des réactions spontanées de la part du grand public.

Et jusqu'à l'achèvement de son ouvrage intitulé « Le mur sympathique », tout le monde peut désormais voir l'artiste s'exprimer en direct devant son mur, véritable atelier à ciel ouvert, en suivant sa progression picturale. Comme une invitation imprévue à cohabiter avec un créateur dans l'expression de son art. Pour celui-ci, cette aventure urbaine va jusqu'à lui ouvrir de nouvelles perspectives validées par des contacts auprès de potentiels collectionneurs d'art.

Dans son atelier éphémère, l'artiste travaille à la métamorphose d'un mur interminable.
Dans son atelier éphémère, l'artiste travaille à la métamorphose d'un mur interminable.