The City Trucks Festival, taille XXL

27/09/2019

Des chiffres à tomber par terre pour un festival qui n'existait pas il y a peu : 25 000 spectateurs à sa création en 2016, 45 000 l'année suivante, 50 000 pour cette édition 2018. Le « City Trucks », cette manifestation qui associe deux festivals au sein d'un seul (des concerts d'un côté, des camions de l'autre), s'inscrit dorénavant comme un poids lourd de la scène artistique.

Des groupes de notoriété nationale et des têtes d'affiche (ici Kyo) : la musique était à la fête au City Trucks.
Des groupes de notoriété nationale et des têtes d'affiche (ici Kyo) : la musique était à la fête au City Trucks.

Attention camions ! Une concentration de véhicules, dont certains de collection, à faire passer le parking d'un concessionnaire de poids lourds pour une exhibition insipide : c'est la signature de ce festival qui célèbre toute une profession. Dans les espaces dédiés aux métiers du transport, on avait soigné la mise en scène. Au fil de sa déambulation, on allait de surprise en surprise en découvrant des véhicules rutilants aux marques disparues (Berliet, Panhard), des semi-remorques aménagées en boutiques (coiffeur, barbier, tatoueur, libraire), des trucks stores, des exposants partenaires, des baptêmes PL, des démonstrations, une expo de miniatures, des conférences, un job dating...

À cet instant précis de la visite, on commençait à prendre la mesure de cette manifestation à nulle autre pareille, proposée ce week-end à La Pommeraye (Maine-et-Loire). Voilà donc qui laissait augurer de la suite.

Les visiteurs ont découvert avec plaisir ces rutilants camions des années 40 et 50.
Les visiteurs ont découvert avec plaisir ces rutilants camions des années 40 et 50.

Planète guitares ! Des camions certes, mais aussi et surtout de la musique, de celle qu'on partage à l'unisson avec les autres sur un terrain commun, en compagnie de dizaines de milliers de festivaliers, 50 000 selon les organisateurs. Énorme !... Pour expliquer cette ascension foudroyante obtenue en trois petites éditions, il convient de citer quelques chiffres : 3 jours de concerts, 2 scènes, 26 groupes, 2 bandas, plus de 30 heures de musique cumulées, 5 écrans géants pour ne rien rater.

Avec une programmation de cette densité-là, on parle automatiquement à tous et notamment à la planète de ces fans qui écument les festivals d'été. Parmi les groupes en présence, des têtes d'affiche ont particulièrement capté l'attention comme les Bigflo et Oli, Arcadian, Celtic Social Club ou Feder le premier jour, BB Brunes, Shaka Ponk, Hoshi, Mat Bastard et Ofenbach le samedi, puis Hollysiz, les Négresses Vertes, Kyo, Danakil et Trust le dimanche, entre autres artistes.

Un beau cadre, une belle programmation, du soleil, du public : carton plein pour cette édition 2018.
Un beau cadre, une belle programmation, du soleil, du public : carton plein pour cette édition 2018.

Un monde à part où le festivalier devient un résident

Il est 18 heures ce vendredi. Les portes du festival viennent à peine de s'ouvrir qu'on se presse déjà dans les rues qui mènent des parkings plein champ à l'entrée effective du site. Dans cette cohorte ininterrompue, on devine que le camping est la destination reine et qu'il va se remplir rapidement. De nombreux jeunes lestés de sacs à dos, couvertures, glacières et autres victuailles ont démarré « leur » week-end et se dirigent vers les aires réservées afin de rejoindre le vaste campement de toile. Beaucoup ont évidemment prévu les sacro-saints packs de bière et annoncent la couleur : ça va être chaud ! Parmi eux, un malin en goguette a même subtilisé la brouette d'un riverain étourdi et trimballe sans vergogne son barda.

A suivre le mouvement de plus en plus dense des piétons, on pressent la suite des événements et on s'attend à trouver du monde devant soi. Confirmation avec les queues qui se sont formées à l'entrée et qui continueront de se renouveler pendant des heures... dans une relative fluidité, compte tenu de la longueur des files indiennes. Fluidité bien meilleure que celle des accès aux parkings de voitures. Dépourvus des traditionnels guichets pour s'acquitter des droits d'entrée, les temps d'attente se trouvent considérablement réduits car chacun a réservé son billet en amont. La formalité achevée, on entre dans un monde créé pour la circonstance, un territoire à part où on devient désormais un résident à part entière. Bienvenue au City Trucks Festival de La Pommeraye, 3e édition.

Véritable village dans la ville de La Pommeraye, le festival avait des airs de parc d'attractions.
Véritable village dans la ville de La Pommeraye, le festival avait des airs de parc d'attractions.

La visite du festivalier n'étant pas improvisée, il sait évidemment ce qui l'attend (la musique, la grande roue, le petit train, le saut à l'élastique, le taureau mécanique, le tir au camion, la restauration, le marchandising et tout le reste). Pour autant, pas sûr qu'il s'aperçoive instantanément que l'esplanade qu'il va fouler face à la grande scène dissimule une pelouse. Car ici, comme ailleurs, une prouesse a été réalisée par des techniciens spécialisés afin d'escamoter le stade de football et le protéger avec la pause d'un revêtement spécial du meilleur effet. En l'espèce, la surface recouverte était identique à celle du Stade de France.

Pendant ce temps-là, programme en main pour s'orienter sur le site, le visiteur veut savourer l'instant. Une seule question s'impose alors : par quoi commencer ?