Sus aux mégots, aux chewin gum, aux crottes !

16/03/2018

Disposés aux quatre coins de la ville d'Angers, des panneaux invitent les usagers à faire preuve de civisme avant de se débarrasser de leurs cigarettes ou autres chewin-gum. Jusqu'à maintenant anodin, ce geste sera dorénavant prohibé et susceptible d'entraîner des sanctions pécuniaires.

En prenant sa pause-cigarette sur le pas de sa porte, il avait sûrement autre chose à faire que de surveiller l'état du trottoir devant sa boutique. Après avoir tiré avec avidité sur sa cigarette, ce commerçant du centre-ville n'avait visiblement qu'une hâte, rejoindre au plus vite la clientèle qui se pressait chez lui. Un samedi après-midi, jour de pleine affluence, mieux valait s'intéresser à son chiffre d'affaires que s'attarder sur le superflu. Alors hop, ni vu ni connu, une petite chiquenaude et le mégot rejoignait l'asphalte !

Probable que cet honorable négociant n'avait pas eu vent de la campagne que la ville d'Angers mène contre les incivilités quotidiennes, dont font partie justement les jets de mégots ou de chewin-gum. Chacun sait pourtant que ces « petites » pollutions du quotidien n'ont rien de neutres et nuisent durablement à l'environnement. Ainsi, les chewin gum mettent plusieurs années à disparaître tandis que les cigarettes à filtre sont considérées comme non biodégradables.

En conséquence, et à travers des panneaux quadrillant méthodiquement la plupart des quartiers, cette opération de communication incite à faire le bon geste et s'attarde sur le coût annuel du ramassage par les services compétents : 250.000 € pour les cigarettes, 220.000 € pour les chewin-gum. Mais également 120.000 € pour les crottes de chien, Lesquelles suivent les écoulements d'eau pluviale et cheminent dans les égouts en provoquant des contaminations bactériennes.

Bien que moins difficiles à éliminer et assurément plus éphémères que la cigarette ou la gomme à mâcher, les étrons de nos amis canins n'en constituent pas moins une pollution à traiter au même titre que les deux autres. En conséquence, les maîtres devront désormais marquer leur bête aux fesses en effaçant leurs outrages. D'autant qu'avec la prolifération du portable et des nez vissés sur les écrans, ces crottes sont autant de peaux de bananes placées sous les semelles du quidam. Donc, danger là aussi !

Via son site internet, la Ville énumère d'ailleurs quelques données explicites « 550 kilomètres de voirie à nettoyer, 3500 demandes d'intervention par an, dont, aussi, 900 pour le nettoyage de tags, 2900 tonnes de déchets balayés et ramassés chaque année, 240 tonnes d'encombrants enlevées sur la voie publique par an, 80 panneaux d'affichage libre à entretenir, 38 sanitaires publics en accès libre et gratuit ». De quoi justifier cette campagne...