On a testé pour vous le paddle sur la Maine

15/07/2018

Quand un novice un peu gauche - dont l'équilibre sur une planche instable n'est pas une posture acquise - décide de s'initier à la navigation sur un Stand up paddle, mieux vaut le faire dans la discrétion. Surtout quand le test a lieu sur la rivière qui traverse la ville, sous les fenêtres des résidents et le regard éventuel des passants. Mais le jeu en vaut la chandelle !

Ciel bleu, beau temps, rivière d'huile, environnement paisible : la cale de la Savatte se met à l'heure du paddle.
Ciel bleu, beau temps, rivière d'huile, environnement paisible : la cale de la Savatte se met à l'heure du paddle.

Peut-on imaginer plus beau cadre pour illustrer l'été qu'une rivière posée au pied d'un château féodal, que des bateaux de plaisance endormis à l'amarre de leurs pontons, que des terrasses de café alanguies sous l'ombre des platanes, que des canoës ou des pédalos prêts à voguer sur les flots paisibles ? Oui, Non ? Eh bien si ! Et nul besoin de sauter dans sa voiture pour trouver ce décor idyllique. Il est là, sur les rives de la Maine, quasiment dans la ville.

Sur la cale de la Savatte, à Angers, devant le théâtre du Quai, le site a plus que jamais des airs de vacances avec l'arrivée du Canoë Kayak Club Angers (CKCA). Pour la deuxième saison consécutive, ce club local vient d'ouvrir sa petite cabane de locations d'engins de loisirs nautiques (canoës, stand up paddle, bateaux d'équipage, monoplaces) en important des activités aux propensions résolument rafraichissantes et estivales. En provenance du Lac de Maine où elle réside et s'épanouit durant toute l'année, l'association a eu la bonne idée d'ouvrir ce second site. Une réussite !

Andréa, animatrice de paddle, et Yves Jeanneau, trésorier, représentent le Canoë Kayak Club Angers.
Andréa, animatrice de paddle, et Yves Jeanneau, trésorier, représentent le Canoë Kayak Club Angers.

Pendant ce temps-là, et pour éviter de se produire en spectacle, on a du se débrouiller pour décrocher un rendez-vous un dimanche matin, jour de léthargie collective pour tout le monde, donc moment a priori le plus propice pour passer inaperçu. Et miracle, la demande est acceptée par Andréa, en charge de la location des paddle et licenciée du CKCA, qui ira jusqu'à accompagner le débutant, promet-elle. Plus tard, on s'apercevra qu'on n'avait aucun privilège spécifique puisque tout le monde peut retenir une heure d'initiation sur simple réservation.

D'emblée, on vous remet une longue pagaie que vous devrez enfoncer dans l'eau alternativement d'un côté et de l'autre et on vous invite à monter sur votre embarcation les pieds parallèles au sens de la navigation. Facile à dire tant votre flotteur semble prendre plaisir à se dérober. Et si on vous a bien précisé qu'il suffit de se détendre et de regarder loin devant soi, le relâchement ne coule pas de source sur cette planche qui se révèle assez mouvante et ne demande qu'à vous précipiter dans les flots.

Andréa vous avait promis que la confiance allait venir tout doucement. Elle avait raison. Dans son sillage rassurant, et sous les encouragements qu'elle n'a de cesse de vous prodiguer, le relâchement gagne du terrain et on ose des regards furtifs sur les rives, les immeubles, le château du Roi René, la cathédrale, la guinguette du Héron Carré, les promeneurs, les cyclistes... Vue de la rivière, on découvre cette terre ferme où toute une vie se déroule sans vous. Et vous, pendant ce temps-là, vous êtes ailleurs, vous flottez, vous naviguez, vous êtes debout sur l'eau, vous entrez dans le centre de la ville. Le moment est magique !

Qui a dit que l'homme ne pouvait pas marcher sur la Maine ?