Dallas, mort d’un président

26/07/2021

Cet événement est celui d'une tragédie à jamais inscrite dans l'histoire des États-Unis. Il est celui d'un assassinat vécu en direct par une foule médusée qui a vu le président du pays le plus puissant du monde mourir sous ses yeux... Vendredi 22 septembre 1963, Dallas, Texas (États-Unis), des coups de feu claquent. John Fitzgerald Kennedy s'effondre.

Le 26 septembre 1960, Richard Nixon et John Kennedy vont s’affronter dans un débat télévisé. C’est une première dans l’histoire des élections présidentielles.
Le 26 septembre 1960, Richard Nixon et John Kennedy vont s’affronter dans un débat télévisé. C’est une première dans l’histoire des élections présidentielles.

Il est 12 h 30 sous le soleil texan. John Fitzgerald Kennedy poursuit une tournée du pays dans le but de préparer les prochaines élections présidentielles pour lesquelles il a l'intention de se représenter. Le couple Kennedy a pris place à l'arrière d'une limousine décapotable, accompagné par le gouverneur du Texas John Connaly et sa femme Nelly, tout deux assis devant. Le cortège présidentiel traverse la ville lentement, se faisant longuement acclamer par la foule. La rue est en liesse, la foule nombreuse, les fenêtres pavoisées de drapeaux bleu, blanc rouge.

Alors que le convoi passe sur Dealey Plaza, des détonations retentissent, à peine couvertes par les applaudissements de la foule. Comme dans un mauvais film, John Kennedy porte les mains à son cou, avant qu'une seconde balle ne le touche à nouveau, mortelle celle-là. Le président de la première puissance mondiale vient de mourir sous les balles d'un tueur embusqué à l'étage d'un dépôt de livres scolaires. Le tireur, Lee Harvey Oswald, un ex-marine de 24 ans, devient rapidement le principal suspect et sera rapidement confondu.

La mort du président Kennedy : c'est rien moins que l'assassinat de l'homme le plus puissant du monde, un crime contre un personnage présumé intouchable. Ce sont aussi des centaines de millions d'hommes et de femmes partout dans le monde qui ont suivi cet événement planétaire à la radio et à la télé. Ce sont des milliers d'ouvrages, d'articles, de sujets, d'enquêtes qui l'ont évoquée. Ce sont des milliers de résultats Google qui répondent à cette requête spécifique...

Et ce sont enfin des historiens, des associations, des organisateurs qui programment des thématiques, des expositions sur cette page d'histoire. Comme le fait actuellement la ville de Biarritz en proposant au grand public une rétrospective sur les Kennedy avec notamment ce focus intitulé « Dallas, mort d'un président ». Jusqu'au 5 septembre de cette année, ce sont 164 clichés grand format qui reviennent sur cette tragédie. 

Exposition :  Dallas, mort d'un président  

Aperçu en quelques clichés choisis

22 novembre 1963, 11 h 30. Air Force One se pose sur le tarmac de Dallas Lowe Field. Des étudiants entonne l'hymne du Texas : « Viens, tu seras reçu avec amour comme un héros ! » La foule est impressionnante. 

Pour serrer les mains nombreuses qui se tendent, Jackie confie à Clint Hill les roses rouges offertes par l'épouse du maire de Dallas. À 11 h 50, le cortège démarre en direction du centre de la ville. 

A 12 h 30, sur Dealy Plaza, plusieurs colombes quittent subitement le haut des immeubles. Connaly hurle, John se tourne vers Jackie : « Mon Dieu, je suis touché ! » Il pointe la main vers ses cheveux ébouriffés. Un dernier tir emporte une partie de son visage. Il s'effondre. Jackie hurle : « John, je t'aime ! Je t'aime ! » Elle tente de récupérer des morceaux de chair sur le capot de la limousine mais Clint grimpe dessus et la repousse à l'intérieur. Découvrant ses blessures, l'agent sait que le 35e président des États-Unis ne survivra pas. Des larmes coulent sur ses joues jusqu'à Parkland Hospital.

À l'atterrissage d'Air Force One, Robert monte rapidement à bord, passe devant Johnson sans lui adresser un mot et serre Jackie dans se bras. Ensemble, ils rejoignent le cercueil. Le cœur brisé, Robert donne l'ordre de le placer dans l'ambulance qui attend en bas. Dave Powers, Larry O'Brien, Kenny O'Donnell, Clint Hill se chargent de la tâche. Au cours du trajet où se tiendra l'autopsie, Jackie lui rapporte les premiers détails de « Dallas »...

Dans Air Force One qui s'apprête à ramener la dépouille du président à Washington, Marie Fahmer, la secrétaire personnelle de Lyndon Johnson, propose un bouillon de légumes aux passagers. Certains acceptent, d'autres non. La climatisation a cessé de fonctionner. Il fait une chaleur épouvantable dans l'appareil. 

Quelques dizaines de minutes plus tard, déposant sa main gauche sur la bible de John, le Texan prononce la formule rituelle sous le regard du juge du district fédéral de Dallas, Sarah T. Hugues, de Lady Bird et de Jackie : « Moi, Lyndon Johnson, jure solennellement... » 

Vers quatre heures du matin, le samedi 23 novembre 1963, le cercueil est transporté au salon Est. Le personnel de la Maison Blanche est submergé par l'émotion en apercevant le tailleur ensanglanté de Jackie. Avant que ne débutent les visites de la famille, Robert et Jackie prient les quatre militaires de quitter la pièce. Le secrétaire de la Défense Robert McNamara et l'historien Arthur Schiesinger Jr restent. Ouvrant le cercueil, ils aperçoivent le visage reconstitué à l'aide de cire. « La décision a été prise immédiatement, il devait rester fermé », Arthur Schiesinger.

« Lorsque John est mort, une part de moi-même a disparu avec lui », dira Jackie.

« Ma générosité est aussi visible que la mer, mon amour aussi profond. Car tous deux sont infinis. 

William Shakespeare.

« Je me souviens du dernier livre que John m'avait recommandé, il l'avait tant aimé : La Chute des Empires », Jackie.

Caroline murmure : « Tout ira bien maman, ne pleure pas. Je vais prendre soin de toi ». Son frère avance vers les officiels. L'archevêque de Boston, Richard Cushing, reconnaît en lui l'allure et la trempe de son père. L'enfant salue militairement la dépouille mortelle. 

« Chère Madame Kennedy, l'immense chagrin qui vient de vous frapper nous émeut, ma femme et moi, jusqu'au fond du cœur. Soyez assurée que nous sommes auprès de vous par la pensée, par la prière. Le président Kennedy ne sera jamais oublié ».

Charles de Gaulle.

D'une voix tremblante, Richard Cushing conclut la cérémonie de funérailles : « Que les anges, mon cher John, te conduisent au paradis. Que les martyrs t'accueillent à ton arrivée. Que l'esprit de Dieu t'embrasse. Reçois repos et paix éternelle comme tous ceux qui ont fait le sacrifice suprême de mourir pour autrui. Amen »

Le 6 décembre 1963, Jackie, Caroline, John Jr et leur berger allemand quittent définitivement la Maison Blanche. Pour le personnel, cet adieu est un déchirement sans précédent. Ils n'entendront plus jamais leurs rires, les aboiements de Clipper lorsque Macaroni dévoraient les roses de l'aile Ouest et la voix si particulière de « Madame Kennedy. »

Exposition-événement : Jackie et les Kennedy. 64200 Biarritz. Jusqu'au 5 septembre 2021.

Photos : jackiebiarritz.com